SINOPOEMS
Language
🌐 Language
FAVORIS
To bookmark this poem:
Press Ctrl + D (Windows) or ⌘ + D (Mac).

Près de la danse de l'épée : Pluie nocturne et chagrins du printemps

La pluie tomba au cœur de la nuit,
Et pourtant le vent d'est supplié retint son souffle.
Les bégonias s'épanouissent dans leur plus bel éclat,
Oh, qu'ils s'attardent un moment ici-bas.
Les portes de la cour demeurent en silence,
Où l'on entend à peine l'appel des orioles et le chant des hirondelles,
Tissant un deuil qui épouse les cœurs humains,
Dans l'effroi que le printemps ne s'éteigne soudain.
De superbes arbres s'élèvent,
Leurs ombres d'émeraude basculent à midi.
Les lourds rideaux restent tirés ; sortant d'un sommeil soudain,
Je contemple les chatons au vent errer sans fin.
Je retiens des pleurs cachés, les envoyant dériver sur les brumes de l'onde,
Si par hasard tu croises un vieux ami au bord de l'eau,
Dis-lui que mon visage éreinté n'est rien de plus que cela.
Innombrables messages aux teintes variées,
Au-delà des vœux de saison, jusqu'à ce que toute certitude soit brisée.
Enfin, un soleil d'agonie sur mille montagnes assombries s'est penché.
夜來雨。
賴倩得、東風吹住。
海棠正妖饒處。
且留取。
悄庭戶。
試細聽、鶯啼燕語。
分明共人愁緒。
怕春去。
佳樹。
翠陰初轉午。
重簾未卷,乍睡起、寂寞看風絮。
偷彈清淚寄煙波,見江頭故人,爲言憔悴如許。
彩箋無數。
去卻寒暄,到了渾無定據。
斷腸落日千山暮。
yè lái yǔ.
lài qiàn de, dōng fēng chuī zhù.
hǎi táng zhèng yāo ráo chù.
qiě liú qǔ.
qiāo tíng hù.
shì xì tīng, yīng tí yàn yǔ.
fēn míng gòng rén chóu xù.
pà chūn qù.
jiā shù.
cuì yīn chū zhuǎn wǔ.
zhòng lián wèi juǎn, zhà shuì qǐ, jì mò kàn fēng xù.
tōu dàn qīng lèi jì yān bō, jiàn jiāng tóu gù rén, wèi yán qiáo cuì rú xǔ.
cǎi jiān wú shù.
qù què hán xuān, dào le hún wú dìng jù.
duàn cháng luò rì qiān shān mù.
La nuit vint de la pluie.
Compté sur la demande, le vent d'est souffla arrêté.
Les bégonias juste lieu enchanteur.
Et garder prendre.
Cour paisible porte.
Essayer attentivement d'écouter, orioles appelant hirondelles parlant.
Clairement avec les fils de chagrin des personnes.
Peur que le printemps s'en aille.
Arbres fins.
L'ombre d'émeraude tourne d'abord midi.
Les rideaux lourds pas encore enroulés, soudain sommeil réveillé, regardant seul les chatons du vent.
Dissimulant des larmes claires envoyées aux vagues de brume, voyant le vieil ami de la tête du fleuve, pour dire émacié comme ceci.
Papier coloré nombreux.
Écartant le froid et la chaleur, arrivant enfin complètement sans base fixe.
Brisant le cœur soleil couchant mille montagnes crépuscule.

I. Structure poétique formelle et métrique

Ce chef-d'œuvre appartient au genre traditionnel du ci de l'époque Song, composé selon la mélodie intitulée Près de la danse de l'épée. La structure métrique suit un agencement complexe de vers courts et longs, caractéristique des sensibilités esthétiques des Song du Sud, marqué par des césures brusques, des tempos fluctuants et une modulation mélancolique entre la claustrophopie intérieure et les paysages naturels vastes. Le schéma des rimes se déplace avec fluidité au-delà des frontières strophiques, utilisant des terminaisons rimées abruptes dans les tons entrants et sortants pour imiter le rythme psychologique heurté et instable du locuteur.

II. Chronologie historique et élan existentiel

Composé durant la période turbulente de la fin des Northern Song ou du début des Southern Song, ce poème reflète les chagrins profondément intériorisés des lettrés déplacés par les déplacements des frontières géopolitiques et la marginalisation politique. Yuan Quhua, reconnu pour sa maîtrise raffinée de la poésie ci, capture le paysage psychologique par excellence de l'élite lettrée : une sensibilité aiguë au passage du printemps, la séparation d'avec des amis de confiance par-delà les rivières brumeuses, et le désespoir silencieux d'un vieillissement en retraite solitaire alors que la dynastie elle-même subit des pressions extérieures et des factions de cour intérieures.

III. Exégèse vers par vers et décodage des allusions

Le poème se déroule à travers une progression délicate allant d'un soulagement météorologique nocturne jusqu'à un paroxysme psychologique poignant au crépuscule par-delà les montagnes lointaines.

  • Vers 1-2 (Couplet d'ouverture) : Le poème s'ouvre brusquement sur l'arrivée de la pluie nocturne, suivie de l'espoir fragile que le vent d'est puisse retenir sa force destructrice sur les bégonias en fleurs, établissant un ton de préservation anxieuse.
  • Vers 3-4 (Premier tournant antithétique) : La cour silencieuse amplifie le monde sonore, où les appels des orioles et des hirondelles ne sont pas de simples bruits de la nature, mais des miroirs reflétant la tristesse humaine et la peur du départ du printemps.
  • Vers 5-6 (Deuxième tournant antithétique / Climax) : L'ombre du midi se déplace sous de beaux arbres tandis que les lourds rideaux restent immobiles. S'éveillant d'une sieste solitaire, le locuteur observe les chatons emportés par le vent, projetant son propre sentiment d'enracinement perdu sur ces débris végétaux dérivants.
  • Vers de clôture : Le poème culmine dans un acte de communication lointaine — des larmes secrètes envoyées à travers les eaux embrumées vers un ami absent — avant de se dissoudre dans l'image immense et déchirante d'un soleil couchant sur les montagnes au crépuscule.

IV. Synthèse esthétique et résonance poétique

L'imagerie de ce poème s'appuie largement sur les tropes littéraires traditionnels chinois pour transmettre des états émotionnels sans sentimentalisme excessif, unissant la résignation taoïste face aux cycles naturels et la constance confucéenne face à l'isolement le plus profond.

Lien copié dans le presse-papiers !