SINOPOEMS
Language
🌐 Language
FAVORIS
To bookmark this poem:
Press Ctrl + D (Windows) or ⌘ + D (Mac).

Trois beautés charmantes : Souvenirs du lac de l'Ouest

Le lac et les monts connaissent trop mon pas ivre,
Un habit de printemps trempé de pleurs et de vin.
De nouveau voyageur où la capitale s'enivre,
Effiloché, couvert d'une poussière sans fin.
L'allée pourpre est déserte et le vieux puits délivre
Ses lianes au vent qui gémit sur le chemin.
Près du mur oriental, les hirondelles reviennent,
Retrouvant les vieux nids où leurs pères s'en tiennent.

Tout songe printanier des mortels doit s'effacer ;
Je m'étonne que ce lien n'ait su durer.
Dans les chambres de soie, les cithares ont vibré
Près des pommetiers en fleurs quand la nuit fut sacrée.
La danse est suspendue et les chants ont sombré ;
Les fleurs demeurent belles, mais notre âge a viré.
Longtemps au pont du fleuve en ce soir de départ,
Mes yeux emplis de pleurs regardent le vieil aéroport.
湖山經醉慣。
潰春衫、啼痕酒痕無限。
又客長安,嘆斷襟零袂,塵誰浣。
紫曲門荒,沿敗井、風搖青蔓。
對語東鄰,猶是曾巢,謝堂雙燕。
春夢人間須斷。
但怪得、當年夢緣能短。
繡屋秦箏,傍海棠偏愛,夜深開宴。
舞歇歌沈,花未減、紅顏先變。
佇久河橋欲去,斜陽淚滿。
hú shān jīng zuì guàn.
kuì chūn shān, tí hén jiǔ hén wú xiàn.
yòu kè cháng ān, tàn duàn jīn líng mèi, chén shuí huàn.
zǐ qū mén huāng, yán bài jǐng, fēng yáo qīng màn.
duì yǔ dōng lín, yóu shì céng cháo, xiè táng shuāng yàn.
chūn mèng rén jiān xū duàn.
dàn guài de, dāng nián mèng yuán néng duǎn.
xiù wū qín zhēng, bàng hǎi táng piān ài, yè shēn kāi yàn.
wǔ xiē gē chén, huā wèi jiǎn, hóng yán xiān biàn.
zhù jiǔ hé qiáo yù qù, xié yáng lèi mǎn.
Lac et montagnes par l'ivresse accoutumés.
Trempant la chemise de printemps, traces de pleurs et traces de vin sans limite.
Encore un hôte à Chang'an, soupirant sur des cols déchirés et des manches effilochées, la poussière par qui lavée.
La porte de l'allée pourpre est déserte, le long des puits ruinés, le vent agite les sarments verts.
Se répondant l'un à l'autre voisin de l'est, ce sont toujours les anciens nids, les doubles hirondelles de la salle Xie.
Les rêves de printemps parmi les hommes doivent se briser.
Seulement s'étonner que, de cette année-là l'affinité de rêve ait pu être si courte.
Chambre brodée et cithare zheng, près du pommetier sauvage aimant particulièrement, au cœur de la nuit ouvrant le festin.
La danse s'arrête le chant s'enfonce, les fleurs ne diminuent pas, le visage rouge change le premier.
Resté longtemps au pont de la rivière sur le départ, soleil couchant empli de larmes.

I. Architecture formelle et métrique

Ce poème lyrique suit le modèle de ci des Song connu sous le nom de « Trois beautés charmantes ». En tant que structure de mélodie longue, il présente une modulation tonale précise et des césures réglées qui dictent les ondulations émotionnelles du chanteur. Wu Wenying emploie un flux rythmique complexe qui oscille brusquement entre le souvenir narratif et la lamentation lyrique balayée par le vent. L'architecture repose lourdement sur des contrastes tonaux internes à travers le format à double strophe, créant une résonance persistante où les rimes passent des tons réguliers aux tons obliques, reflétant la descente psychologique de l'oubli de l'ivresse au deuil poignant.

II. Chronologie historique et élan existentiel

Composé à la fin de la dynastie des Song du Sud à Lin'an, le poème capture le profond sentiment de déplacement et la mélancolie persistante de Wu Wenying. Vivant au milieu de la culture fragile et hédoniste de l'élite des Song du Sud, le poète errait fréquemment entre les quartiers de plaisance urbains et les villas lacustres désolées. Cette pièce spécifique a été écrite lors d'une période de commémoration poignante consécutive à la perte d'une ancienne amante et à la décomposition des décors familiers de la capitale. L'élan existentiel est entièrement ancré dans la gloire déclinante de la cour impériale des Song, où le chagrin personnel reflète l'angoisse culturelle plus large d'une dynastie transitoire et vulnérable.

III. Exégèse ligne par ligne et décodage des allusions

Le poème installe une atmosphère immédiate de lassitude du monde, passant de la dégradation personnelle à une imagerie de paysage désolée avant de se dissoudre dans une rêverie nostalgique.

  • Vers 1-2 (Couplet d'ouverture) : Le vers 1 (« Lac et montagnes par l'ivresse accoutumés ») établit le poète comme un exilé habituel du chagrin, tandis que le vers 2 (« Trempant la chemise de printemps, traces de pleurs et traces de vin sans limite ») détaille le naufrage physique du deuil.
  • Vers 3-4 (Premier tournant antithétique) : Le vers 3 (« Encore un hôte à Chang'an, soupirant sur des cols déchirés et des manches effilochées ») invoque métaphoriquement la capitale pour dépeindre une destitution totale et un épuisement spirituel.
  • Vers 5-6 (Second tournant antithétique / Climax) : Le vers 8 (« Retrouvant les vieux nids où leurs pères s'en tiennent ») déploie l'allusion littéraire classique de la salle peinte de Xie, où les hirondelles reviennent inchangées vers les ruines, soulignant la permanence de la nature face à la fugacité humaine.
  • Vers de clôture : Le vers 10 (« Mes yeux emplis de pleurs regardent le vieil aéroport ») scelle l'arc émotionnel par un visuel saisissant de lumière partante et de larmes accablantes.

IV. Synthèse esthétique et arrière-goût poétique

L'imagerie de ce texte lyrique est saturée de symboles esthétiques traditionnels des Song du Sud porteurs d'un profond poids culturel. Les hirondelles symbolisent la constance du retour des saisons contrastée avec l'irrévocabilité tragique de la séparation humaine et du déclin dynastique, tandis que les fleurs de pommetier incarnent l'apogée éphémère de la jeunesse et de l'amour passionné avant la décomposition inévitable.

Lien copié dans le presse-papiers !