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Écouter un moine de Shu jouer de la cithare
爲我一揮手,如聽萬壑松。
客心洗流水,餘響入霜鐘。
不覺碧山暮,秋雲暗幾重。
Ce poème est écrit dans le format de vers réguliers à cinq caractères (wuyan lushi), consistant en huit vers avec un contrepoint tonal strict et des couplets parallèles à l'intérieur. Le schéma des rimes suit la catégorie de ton plat 'dong' (rimant sur 'feng', 'song', 'zhong' et 'chong'). Le mouvement spatial passe dynamiquement de la descente verticale du moine du Sichuan hors des hauts pics d'Emei vers l'espace intime et intérieur de l'oreille de l'auditeur, pour s'élargir à nouveau vers le vaste paysage d'automne qui s'assombrit.
Composé au début de l'ère Kaiyuan ou Tianbao de la dynastie des Tang de l'Est, ce morceau reflète les premiers voyages de Li Bai à travers la région de Bashu (Sichuan) avant son ascension fulgurante et sa désillusion politique ultérieure à la cour impériale de Chang'an. Le moine Jun incarne l'esprit sauvage et immaculé des montagnes de l'Ouest, apportant une purification sonore à un voyageur errant fatigué de la vie terrestre transitoire.
Le poème réalise une synthèse rare de la transcendance naturelle taoïste et de la conscience bouddhiste Chan de l'impermanence. À travers le médium du qin, Li Bai dissout la frontière entre le moi et la nature extérieure. L'arrière-goût persistant est celui d'un nettoyage émotionnel immaculé, où les notes mourantes de la cithare se fondent harmonieusement avec la nuit d'automne envahissante, assurant au poème sa place parmi les plus grands chefs-d'œuvre de la poésie musicale des Hauts Tang.