SINOPOEMS
Language
🌐 Language
FAVORIS
To bookmark this poem:
Press Ctrl + D (Windows) or ⌘ + D (Mac).

Tang Duo Ling : En repassant par la Tour du Sud

Les rives des îlots de roseaux sont grises de frimas, / Bordant des ruisseaux peu profonds de sables et d'éclats. / Vingt longues années ont fui depuis mon dernier pas sur cette tour austère ; / L'esquif à peine ancré sous les saules vacillera, / Et en combien de jours l'automne luira-t-il dans son éclat ?

Où la Grue Jaune couronnait jadis la pierre brisée, / Mes vieux compagnons tous sont morts et dispersés. / Les collines et fleuves antiques demeurent, mais suintent de peines neuves ; / Je veux acheter l'osmanthus et naviguer de vin ivre et rosée, / Mais rien ne rend l'or de la jeunesse brisée.
蘆葉滿汀洲。
塞沙帶淺流。
二十年、重過南樓。
柳下系舟猶未穩,能幾日、又中秋。
黃鶴斷磯頭。
故人今不在。
舊江山,渾是新愁。
欲買桂花同載酒,終不似、少年遊。
lú yè mǎn tīng zhōu
sāi shā dài qiǎn liú
èr shí nián, chóng guò nán lóu
liǔ xià xì zhōu yóu wèi wěn, néng jǐ rì, yòu zhōng qiū
huáng hè duàn jī tóu
gù rén jīn bù zài
jiù jiāng shān, hún shì xīn chóu
yù mǎi guì huā tóng zài jiǔ, zhōng bù sì, shào nián yóu
Feuilles de roseau remplissent les îlots de l'eau. Le sable frontalier longe le courant peu profond. Vingt ans, à nouveau je passe par la Tour du Sud. Sous les saules amarrer le bateau encore mal assuré, combien de jours, à nouveau la mi-automne. La grue jaune brise la tête de roche. Les vieux amis ne sont plus présents. Les vieilles rivières et montagnes, entièrement sont de nouveaux chagrins. Voulant acheter des fleurs d'osmanthus pour charger ensemble du vin, finalement cela ne ressemble pas, à l'errance de la jeunesse.

I. Forme poétique et métrique

Ce poème lyrique est composé sur le rythme de Tang Duo Ling, une structure de Ci de longueur moyenne de quatre-vingt-seize caractères divisée en deux strophes. Le schéma métrique alterne de brefs élans conversationnels avec des vers amples et résonnants de sept caractères. Le système des rimes oscille de manière fluide entre tons entrant et régulier, traduisant une modulation mélancolique allant du paysage extérieur rustique et désolé des lignes d'ouverture vers la désolation psychologique du poète.

II. Chronologie historique et élan existentiel

Écrit durant les décennies turbulentes de la fin des Song du Sud, le poème capture le profond sentiment de déplacement et l'ambition patriotique frustrée qu'éprouvait la classe des lettrés. Liu Guo, connu pour sa fidélité farouche et sa frustration face à l'inertie militaire de la cour contre les rivaux du Nord, médite sur le passage de deux décennies depuis sa première apparition à la Tour du Sud à Wuchang. Le poème constitue une méditation existentielle sur le vieillissement, la perte de l'idéalisme juvénile et le déclin irrémédiable d'une époque au milieu d'aspirations politiques inachevées.

III. Exégèse ligne par ligne et décodage des allusions

Le poème établit un extérieur esthétique hivernal et austère qui s'approfondit progressivement en un paysage intérieur de deuil et de regret.

  • Vers 1-2 (Couplet d'ouverture) : Le vers 1 (« Les feuilles de roseau remplissent les îlots de l'eau ») et le vers 2 (« Le sable frontalier longe le courant peu profond ») établissent un cadre naturel de désolation et de morosité frontalière, reflétant un esprit à la dérive.
  • Vers 3-4 (Premier tournant antithétique) : Le vers 3 (« Vingt longues années ont fui depuis mon dernier pas sur cette tour ») introduit l'arithmétique brutale du temps, tandis que le vers 4 (« L'esquif à peine ancré sous les saules vacillera ») capture l'instabilité physique et le vertige temporel.
  • Vers de clôture : Le vers 8 (« Je veux acheter l'osmanthus et naviguer de vin ivre ») et le vers 9 (« Mais rien ne rend l'or de la jeunesse brisée ») résolvent le poème sur un ton de résignation mélancolique profonde et inaltérable.

IV. Synthèse esthétique et résonance poétique

L'imagerie de ce poème s'appuie sur des tropes classiques profondément codifiés et partagés par la tradition lettrée, reliant la mélancolie du temps qui fuit à la tragédie de la vieillesse solitaire au milieu de paysages immuables, offrant une résonance universelle sur le regret et la nostalgie.

Lien copié dans le presse-papiers !